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Gaël Mombio, CBAP

Gaël Mombio, CBAP

Analyste d'Affaires | Gestionnaire de projets | Coach et Mentor

La priorisation des exigences : quelques approches pratiques

Dans un projet d'envergure, le Business Analyste aura des dizaines ou des centaines d'exigences à gérer. Ces exigences n'auront ni le même poids ni le même degré de difficulté à implementer. Dès lors, un exercice de priorisation s'impose !

La priorisation est une technique ou processus consistant à classer les informations par ordre d’importance relative, et ce selon des critère prédeterminés tels que la valeur perçue, le risque, la difficulté de mise en oeuvre etc. C’est aussi un outil d’aide à la décision car elle permettra aux parties prenantes de déterminer quelles exigences implémenter en premier, les quelles plus tard et mieux encore les quelles écarter de la portée de la solution envisagée. 

La détermination des relations entre les exigences : un préalable essentiel

Avant la priorisation proprement dite, le BA doit déterminer le lien ou relation existant entre les exigences.  En effet, le processus de traçabilité des exigences fera émerger plusieurs types de relation entre ces dernières. 

  • Dérivé : c’est lorsqu’une exigence est dérivée d’une autre. Pensons par exemple à une exigence de la solution dérivée d’une exigence émise par une partie prenante. Plus spécifiquement, un comptable a besoin d’effectuer des calculs automatiques ; On aura à cet effet besoin que qu’une solution soit capable d’additionner, multiplier, etc.  
  • Dépendance : clairement lorsqu’une exigence dépend directement d’une autre. Il existe deux types de dépendance. D’une part, la nécessité qui stipule qu’une exigence ne peut être implémentée que si une autre l’est déjà. On ne peut par exemple pas envisager de faire des mises à jour sur une solution qui n’existe pas déjà. D’autre part, l’effort qui implique qu’une exigence puisse être plus facile à implémenter si une autre l’est déjà. 
  • Satisfaction : il s’agit par exemple de la relation entre une exigence fonctionnelle et une composante de la solution qui permet de l’implémenter.

Les approches de priorisation

Parmi la multitude de méthodes possibles, quatre seront considérées ici.

  • Le regroupement

Le regroupement consiste à classer les exigences en fonction de catégories prédéfinies telles que priorité élevée, moyenne ou faible. Notons que la priorité peut faire partie des attributs d’une exigence.

  • Le classement

Le classement consiste à ordonner les exigences de plus importante à la moins importante. Considérons par exemple une liste comprenant 100 exigences : par le classement, on peut les ordonner de 1 à 100, 1 étant la plus importante et 100 la moins importante. 

  • Gestion par blocs de temps/budget

Les blocs de temps et les budgets priorisent les exigences en fonction de l’attribution d’une ressource fixe. Cette approche peut être utilisées lorsque l’approche de la solution a été établie. Le cadre temporel sert à prioriser les exigences selon la quantité de travail que l’équipe de projet est capable de réaliser dans une période de temps donnée. La budgétisation est employée lorsque l’équipe du projet dispose d’une somme d’argent déterminée. Cette approche est également utilisée lorsqu’une échéance fixe doit être respectée ou dans le cas de solutions améliorées de manière régulière et fréquente.

  • La Négociation

L’approche de négociation implique de rechercher et établir un consensus parmi les parties prenantes en ce qui concerne les exigences à prioriser.

Dans la pratique… 

L’ordre d’implémentation ou mise en oeuvre de chacune des exigences va dépendre non seulement de son importance relative déterminée à l’issue du processus de priorisation, mais aussi du lien avec les autres exigences. Par exemple, une exigence de priorité moyenne ou faible mais de laquelle dépend une autre exigence prioritaire our urgence devrait être implémentée en priorité. Ainsi, on notera pour terminer que la priorisation est un processus continu.

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